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Trouver sa place dans sa famille: Quand nos rôles du passé continuent d'influencer nos relations


"J'ai toujours été celle qui devait être forte"

"Je faisais tout pour éviter les conflits"

"J'avais l'impression d'être le vilain petit canard"

"Je me suis imaginé plein de fois que j'avais été adoptée"...


Derrière ces phrases, entendues parmi beaucoup d'autres en thérapie, se profile une même question: quelle place avons-nous appris à occuper dans notre famille?


Nous naissons tous au sein d'une famille, avec son histoire, ses valeurs, ses fragilités, sa manière particulière d'être en relation. Comme tout système vivant, une famille s'organise au fil du temps. Chacun.e y trouve peu à peu une place, parfois choisie, plus souvent façonnée par les besoins et les dynamiques du groupe.

En grandissant, nous développons des façons d'être avec les autres qui nous permettent de préserver le lien, d'obtenir de la reconnaissance, de nous protéger, de (contribuer à) maintenir l'équilibre familial...Ces ajustements créateurs de l'enfance sont précieux à ce moment-là de notre vie. Mais parfois ils continuent à influencer nos relations bien après que nous avons quitté le foyer familial, sans que nous en ayons pleinement conscience...

Quelques exemples de "rôles" appris dans l'enfance et leurs prolongements possibles à l'âge adulte:


  • Celui qui s'efface: il apprend à prendre peu de place, à taire ses émotions, pour ne pas déranger ou pour éviter de créer ou rajouter des tensions ("je marchais sur des oeufs")


A l'âge adulte: on retrouve souvent cette adaptation dans le couple, où les besoins personnels passent après ceux du partenaire, ou au travail, où la personne acceote beaucoup sans demander de reconnaissance.

La personne peut avoir le sentiment de ne plus trop savoir ce qu'elle désire.


Sa richesse: une grande capacité d'observation et d'écoute. Capacité à accueillir l'autre sans le juger.

Son défi: s'autoriser à vivre pleinement dans la relation, moins systématiquement s'adapter à l'autre et oser se montrer telle qu'elle est, avec ses besoins, ses désirs et ses limites.


  • Celui qui prend soin: certains enfants deviennent très tôt attentifs aux besoins des autres, prenant soin d'un parent fragilisé, d'une fratrie, ou cherchant à soulager les difficultés familiales. Ils apprennent là que leur valeur passe par leur capacité à aider.


A l'âge adulte: certaines de ces personnes choisiront des métiers d'aide (infirmier.e par ex.) dans lesquels ils pourront s'investir au point d'oublier leurs propres besoins. Certaines auront tendance à s'oublier dans le couple, à faire beaucoup comme l'autre veut ou préfère. Beaucoup auront du mal à demander de l'aide. Ce sont aussi des personnes qui pourront porter spontanément des responsabilités familiales ou professionnelles.


Sa richesse: son empathie.

Son défi: prendre soin des autres sans s'abandonner soi-même


  • Celui qui apaise : dans certaines familles un enfant peut devenir très tôt sensible aux tensions. Il cherche alors à éviter les disputes, essaie de calmer les conflits, fait le lien entre les différents membres de sa famille, essayant de préserver une certaine harmonie.


A l'âge adulte: la personne peut continuer à privilégier l'harmonie au détriment de ses propres besoins. Dans le couple, c'est une personne qui évite les désaccords de peur d'abîmer la relation. Dans les amitiés, elle supporte beaucoup sans oser dire ce qui ne lui convient plus. Au travail elle peut endosser un rôle de médiateur mais a du mal à exprimer ses propres limites...


Sa richesse: sa capacité à créer du lien

Son défi: apprendre qu'une relation solide peut aussi traverser les désaccords.


  • Celui qui réussit: il cherche à répondre aux attentes, à rendre ses parents fiers, ou à apporter de la stabilité: il apprend que ses performances rassurent son entourage.


A l'âge adulte: la personne peut continuer à chercher la perfection, l'excellence, la reconnaissance, la réussite, à se fixer des exigences élevées, et avoir besoin d'être beaucoup dans le contrôle.


Sa richesse: son sens de l'engagement, sa persévérance, sa capacité à mener des projets au bout et à mobiliser ses ressources en cas de difficultés

Son défi: apprendre à s'autoriser l'imperfection, à demander de l'aide, ou à être aimé pour ce qu'elle est et non pour ce qu'elle fait


  • Celui qui exprime ce que personne ne dit: par son opposition, sa colère ou ses difficultés, il met parfois en lumière des tensions qui dépassent sa propre personne: il est celui qui rend visible ce qui ne peut être exprimé autrement


A l'âge adulte: la personne peut vivre des relations plus conflictuelles que les autres, avoir du mal à faire confiance, réagir intensément dans certaines situations, être rapidement perçue comme "trop"


Sa richesse: sa sensibilité à ce qui ne fonctionne pas dans une relation: elle perçoit les incohérences, les non-dits, les injustices et peut avoir le courage de remettre en question des habitudes.

Son défi: ne plus avoir à porter seule les tensions et les conflits, apprendre à distinguer ce qui lui appartient et ce qui appartient aux autres: apprendre que le conflit peut être une responsabilité partagée, et non un rôle à porter seul.e, découvrir qu'il est possible d'être entendu sans avoir besoin d'élever la voix



NB: Ces rôles ne sont pas des cases dans lesquelles chacun.e serait catalogué.e une bonne fois pour toutes. Une même personne peut avoir occupé plusieurs places selon les membres de sa famille ou les moments de son histoire. Ces rôles sont avant tout des manières de s'adapter à un contexte relationnel donné.


En Gestalt-thérapie, il ne s'agit pas de chercher un responsable ni d'effacer son histoire familiale. Le travail thérapeutique consiste à mieux comprendre comment certaines manières d'être se sont construites dans la relation, comment elles continuent de s'exprimer aujourd'hui, et comment il devient possible d'expérimenter d'autres façons d'être en lien. La thérapie permet de choisir ce que l'on souhaite conserver de son histoire et ce que l'on souhaite transformer.


Ainsi, trouver sa place ne consiste pas à chercher où l'on devrait être, mais à pouvoir être pleinement soi, tout en restant en lien avec les autres.







 
 
 

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Samuelle Lobbé
Gestalt thérapeute

245 avenue des Massettes
73190 Challes-les-Eaux

Consultations au cabinet et en visio
Proche Chambéry, Montmélian, La Ravoire, Barberaz, Bassens

Thérapie individuelle – Thérapie de couple
Relations toxiques – Traumatismes – Changements de vie

Téléphone : 06 99 37 29 27
Email : slobbetherapie@gmail.com

 

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